MONADES URBAINES > Un projet de recherche sur la ville durable en collaboration avec l’agence d’architecture Gaétan Le Penhuel

MONADES URBAINES > Un projet de recherche sur la ville durable en collaboration avec l’agence d’architecture Gaétan Le Penhuel

Depuis le 19 mars, l’agence Gaétan LE PENHUEL & Associés expose à la galerie d’architecture de Paris, une rétrospective de ses travaux depuis sa création en 1994.

Parmi ces travaux se trouve une utopie visionnaire, celle d’une tour de 200 mètres formant un quartier de ville vertical regroupant l’ensemble des fonctions usuelles d’un centre urbain : hôtel, bureaux, logements, crèche, équipements sportifs, commerces, et même un espace de production agricole. Une extrapolation positive et optimiste du concept imaginé par Robert Silverberg dans un roman paru en 1971, qui décrivait des tours de 1000 étages où vivaient les habitants d’une terre surpeuplée : les monades urbaines.

La monade conçue par Gaétan Le Penhuel, implantée dans le quartier des Batignolles à Paris, transcrit à son échelle les principes de mutualisation des ressources et d’économie circulaire qu’EODD a développés aux côtés de l’agence. Elle associe des fonctions qui s’auto-alimentent entre elles. Par un jeu de cycles, chacune contribue au besoin de l’autre : l’eau des toits est utilisée dans les sanitaires de l’hôtel, puis se déverse sur les zones agricoles ; l’air extérieur s’assainit en traversant le parc avant d’entrer dans les parties résidentielles ; l’électricité générée par les ascenseurs est réinjectée dans l’éclairage des commerces et celle générée par les dalles piézo-électriques des circulations rend gratuite la mise en lumière des vitrines ; les eaux de vidange des bassins de la piscine sont purifiées en cascade avant d’être la source de l’arrosage des plantes du jardin public, etc.

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La verticalité offre des transits énergétiquement gratuits, grâce à la gravité : elle permet notamment de faire bénéficier toutes les entités d’un gisement d’énergie depuis le sol, qu’il provienne de la géothermie, d’une récupération de chaleur sur le métro ou de la méthanisation des déchets. La verticalité crée également un tirage thermique permettant le recours à la ventilation naturelle, réconciliant les économies d’énergie avec la qualité de l’air intérieur.

Le compostage des déchets, la récupération d’énergie sur le data center, la mutualisation des besoins spécifiques en électricité par un réseau dédié, sont autant de bénéfices intrinsèques de la monade, constituant ainsi un écosystème sobre et vertueux.

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Cette utopie un peu folle, développée dans le Hors-Série #19 de la revue ARCHISTORM, relève d’une vision avant-gardiste des cœurs urbains de demain, conjugant maîtrise de l’étalement et préservation des ressources, dans une logique d’économie circulaire certes paroxysmique mais finalement pas si improbable… A quand la première monade urbaine ?

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Crédits illustrations : Agence d’architecture Gaétan Le Penhuel & Associés