ZEB & NZEB – Comprendre les nouvelles tendances du bâtiment

Construction durable

ZEB & NZEB – Comprendre les nouvelles tendances du bâtiment

L’Europe passe la vitesse supérieure

Le bâtiment demeure le plus important poste de consommation d’énergie et d’émissions de CO2 en France. Les 123 millions de tonnes de CO2 émises chaque année par ce secteur sont depuis 2009 dans le viseur de l’Union Européenne, avec la directive dite EPBD (« Energy Performance Building Directive »), dont la révision en 2010 impose désormais aux 28 états-membres un niveau de performance « nZEB » (« Nearly zero-energy building ») pour tous les nouveaux bâtiments à partir de 2019. Le calendrier qui accompagne cette directive est précis : il fixe notamment aux membres l’obligation de légiférer en ce sens avant Juillet 2012. L’harmonisation à l’échelle communautaire sera conduite dès 2016.

ZEB & NZEB

A 5 ans de cette échéance cruciale, où en est la France dans son plan d’action pour y répondre ? La réponse est-elle la loi sur la transition énergétique, adoptée en Octobre 2014 quipréconise que«tous les nouveaux bâtiments publics ourecevant des subventions publiques soient, autant que possible, à énergie positive » ?

Le « nZEB » à la française

Dans sa version française, la Directive donne la définition suivante :« Un bâtiment dont la consommation d’énergie est quasi nulle est un bâtiment qui a des performances énergétiques très élevées [déterminées conformément à l’annexe I]. La quantité quasi nulle ou très basse d’énergie requise devrait être couverte dans une très large mesure par de l’énergie produite à partir de sources renouvelables, […] sur place ou à proximité. »

Les propositions du plan national nZEB déposé le 31 Janvier 2013 par la DHUP sont pour le moins confuses : le niveau de performance nZEB serait en réalité le niveau « BBC » de la RT 2005, soit grosso modo celui de la RT 2012 en vigueur. Cette définition semble faire fi des travaux de l’association Effinergie qui, au travers de son label « BEPOS » (Bâtiment à Energie Positive) lancé en Février 2013, tente d’identifier les contours performantiels attendus par la directive de Bruxelles. Le label précise ainsi que « toutes les constructions neuves […] à compter de la fin 2020 présentent, sauf exception, une consommation d’énergie primaire inférieure à la quantité d’énergie renouvelable produite dans ces constructions ». Ce label exige surtout comme donnée fondamentale que le bâtiment affiche une performance 20 à 40% supérieure à la RT 2012 (suivant les régions et les typologies de bâtiments).

La difficulté de définir en détail un nZEB met en exergue les divergences de méthode de calcul en Europe. Ces incohérences sont pointées du doigt par la commission européenne dans son rapport d’Octobre 2014, qui demande à la France (notamment) de préciser sa stratégie et son interprétation du concept nZEB. Parmi les 14 plans nationaux nZEB, les approches allemandes (« EffizienzhausPlus »), norvégienne (« Zero Emission Building ») ou encore suisse (« Minergie-A ») font figures de bons élèves.

Pour harmoniser ces visions, des chercheurs de plusieurs pays réunis au sein du REHVA ont fait une proposition de modèle combinant l’état de l’art en termes d’efficacité énergétique et de production d’énergie renouvelable pour tendre vers un bilan positif global :

Comprendre les nouvelles tendances du bâtiment

Ce modèle s’appliquera pour des niveaux de performance établis pour 9 catégories de bâtiments: les logements individuels, les logements collectifs, les bureaux, les bâtiments d’enseignement, les bâtiments de santé, les hôtels et restaurants, les centres sportifs, les commerces, et les autres types de bâtiments (par exemple les gares ou halls voyageurs, salles de spectacle, ..)

En route vers le ZEB !

Dans ce cadre  complexe de définition d’un bâtiment consommant « une énergie quasi nulle », EODD a développé sa propre expertise en la matière, au fil de ses multiples opérations de bâtiments  « éner-performant », en climat méditerranéen, alpin ou francilien, et pour plusieurs typologies de constructions. Ces projets démonstrateurs montrent que les réponses à l’attente européenne existent déjà sur le territoire français, et les acteurs de la performance énergétique que nous sommes expérimentent déjà les solutions acceptables pour relever le défi.

L’enquête* menée par le Pole Energivie et TRION auprès des utilisateurs pour la région transfrontalière Rhin supérieure (France / Allemagne / Suisse) montre que le concept NZEB tout comme le rôle du bâtiment dans l’énergie ont des déficits de notoriété. Pourtant, les «bâtiments spécialement conçus pour consommer très peu d’énergie » ont une image positive pour plus des deux tiers de la population. Le ZEB, c’est à dire le bâtiment à zéro énergie primaire comme le propose le REHVA, permettrait de conforter la perception des usagers et exploitants: il setraduirait par une comptabilité positive de leur facture énergétique au profit des occupants. Cela reste cependant, en terme de réalisation constructive un objectif difficile à atteindre à l’échelle de la parcelle et plus appréhensible à l’échelle du territoire : ces TEPOS (ou bâtiments sobres intégrés dans un territoire à énergie positive) sont sans doute la quintessence du concept nZEB !

EODD s’inscrit dans cette démarche de promotion de ces nouvelles énergies pour le bâtiment, en clarifiant les notions techniques qu’elles induisent, et en soutenant les acteurs qui s’impliquent dans le développement des projets nZEB, qui conduiront le BTP vers une ère pleinement écoresponsable.

Les projets européens NZEB

  1. ZEBRA 2020, Nezer et CERtUS: sur l’analyse des marchés européen NZEB neuf et rénovation respectivement ainsi que du cout des rénovations.
  2. NeZEH, Power House Nearly Zero Energy Challenge, Cohereno ou ZeMeds pour les projets NZEB sur les secteurs suivants : hôtelier, maisons individuelles, rénovation collective et rénovation enseignement dans le bassin méditerranéen
  3. ZenNpour les quartiers NZEB

* http://www.pole.energivie.eu/sites/default/files/upload/files/2012_Sept_Rapport_Trion_Etude-Consommateurs-NZEB.pdf